Premier long-métrage de Mark Romanek , « Photo obsession » – titre français de « One hour photo » – s’inscrit dans cette perspective. Sy Parrish (Robin Williams) est en apparence l’avenant chef de service d’un laboratoire de tirages photographiques. C’est, plus profondément, un névrosé qui a développé un attachement obsessionnel à ce qu’il croit être une famille modèle et qui dérobe leurs photos pour en tapisser sa chambre. L’infidélité du mari va bientôt briser son idéal. Et le licenciement qui frappe Sy, à peu prés au même moment, va précipiter son désir de vengeance…
Non, la vie n’est pas comme dans les photos des albums de famille, ainsi que le rappelle le commentaire off qui ouvre le film. Mais doit-on, pour autant, photographier et montrer tout ce que les gens veulent cacher ? Abonné jusque là aux rôles de joyeux farfelus, Robin Williams réussit une composition dramatique forte et étonnante, sans toutefois vraiment changer de registre car son personnage n’est qu’une sorte de vieil enfant.
Malgré un éclairage soigné et quelques plans très percutants, la réalisation de Mark Romanek manque de tonus, traîne en longueur. Il est quand même dommage que ce film soit resté aussi peu de temps à l’affiche.
Jacques LUCCHESI